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  • Elodie Jonquoy

Avant-première : « Dans l'attente du passé » de Thomas Gutkin.

Certains d’entre vous connaissent l’affection que je porte aux nouvelles, ces textes courts qui peuvent néanmoins refléter un grand talent et des histoires qui n’ont rien à envier aux romans. Voici une agréable lecture qui se déguste comme une mignardise : juste par gourmandise, même si l’on n’a pas faim !


N’hésitez pas à échanger, commenter, partager, dans la joie, la bonne humeur et le café ! ☺


Sortie officielle le 25 juin 2021, disponible prochainement en pré-commande ici.


Le miroir invisible, René MAGRITTE, 1942

Ma note : 8/10

Style : 8/10

Immersion : 8/10

Intrigue : 8/10



Synopsis :

David Goossens, notaire malgré lui et ardent quadragénaire, collectionne tout par folles bouffées. L'amoureux des belles choses en vient lui-même à se présenter comme un collecteur de collections... le fait-il pour se libérer du joug paternel ? Peut-être. Pour assouvir une manie née de sa trop complexe relation familiale ? Assurément. Mais attention au syndrome de Peter Pan qui devient lui-même, sitôt le capitaine disparu, un Crochet de substitution.


En bref

David Goossen nous explique les raisons qui l’ont amené à collectionner les collections (c’est du moins l’étrange constat qu’il fait) alors qu’il est sur le point d’acquérir aux enchères, une peinture de maître valant bien plus que son pesant d’or !

À propos de l'auteur :

C’est en quête perpétuelle de challenge que Thomas Gutkin s’essaye (avec brio) à la nouvelle. Étudiant en droit, l’idée de celle-ci lui est parvenue au début de ses études, lorsqu’il fit le désolant constat que nombre de ses homologues n’avaient pas eu le choix de leurs études, suivant un avenir tout tracé, souvent dictat de la succession familiale.

Écrivain avide de nouvelles expériences, il travaille actuellement sur un roman, tout en développant son affection pour les nouvelles.


« Toujours quand, dans une conversation, on vient à me demander quel est mon sport favori, je réponds que c'est l'écriture ! Parce que, comme pour un sport, je dois tantôt m'y obliger, tantôt m'y soustraire. Parfois, carrément, j'en suis en manque — sans doute comme il doit manquer à un tennisman de frapper une balle après une trop longue interruption. De chaque session, je ressors tout à fait satisfait et soulagé, je me sens mieux, presque débarrassé d'une idée qui m'obstinait et laisse, dès lors, de la place pour une suivante. »

Mon avis :

C'est une lecture agréable qui donne envie de découvrir plus amplement l'univers de cet auteur visiblement plein de ressources ! Un style élaboré sans être prétentieux, un maniement des mots maîtrisé et une imagination débordante qui soulève une problématique que connaissent encore trop d'étudiants. À mi-chemin entre une fiction récréative, à la limite du burlesque et une réalité désolante, cette nouvelle à de quoi divertir ceux qui n'ont que peu de temps à consacrer à la lecture, au même titre que les friands de nouvelles, ou les amoureux des mots en général !


Parution :

Les Éditions Lamiroy, éditent une nouvelle de 5 000 mots, d'un.e auteur.e différent.e, chaque vendredi dans leur collection Opuscule. Amis belges, laissez-vous tenter !



Un extrait (court, à l'image du format de la nouvelle) :


« De ce que j’avais pu voir dans les albums photo, Papa avait été un grand cavalier dans sa jeunesse, jusqu’au jour où son étalon l’éjecta de sa croupe dans l’éclat de la plus prestigieuse compétition à laquelle il n’avait jamais participé. Il s’était retrouvé ainsi à terre, devant tout le monde, les gradins dégoulinants de public rieur. Il l’avait vécu comme une humiliation, alors, avec son père, ils avaient bouffé l’étalon. Depuis, Papa adorait cette viande, c’était vraiment son plat préféré, il en mettait partout, aussi sur ses tartines et dans sa soupe. Il y avait même eu un jour pendant lequel il m’avait emmené dans une prairie voir un beau cheval, vraiment beau, avec une robe caramel magnifique. J’étais content, j’avais cru qu’il me l’offrait. Mais non. Mon père m’avait amené dans cette prairie comme on va au

supermarché : le cheval, on l’avait mangé. »

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