• Elodie Jonquoy

Chronique : « les 100 voix » de Elen Icreis

Stooooop ! Arrêtez tout ! Oui, même toi ! Si vous aimez les thrillers post-apocalyptiques, vous allez adorer celui-ci. L’idolâtrer, en rêver la nuit et vous battre en librairie pour l’obtenir ! (Pas de panique, les liens pour l’acheter sont dispos dans l’article, vous pourrez même demander une dédicace).


Cette merveille est mon coup de cœur de l’année et celui qui voudra le détrôner devra vraiment s’accrocher pour arriver à ses fins !

 

• Thriller post-apocalyptique • Broché • Évidence édition • 423 pages • Public averti •

 

Ma note : 10/10

Intrigue : 10/10

Style : 10/10

Immersion : 10/10



synopsis :

2043. Les Hommes n’ont pas su enrayer la catastrophe climatique pourtant annoncée depuis des décennies. Le 23 avril, le mystérieux manifeste des 100 voix leur est diffusé : ce groupuscule condamne l’humanité à un virus dévastateur. En quelques heures, l’espèce humaine n’est plus. Quelques millions de personnes survivent pourtant, immunisées contre leur gré de cette mort programmée. Entre les États-Unis, la France et la Suède, Les 100 voix imagine la fin brutale de l’Anthropocène. Emma, Liv et Noham se trouvent livrés à eux-mêmes dans un monde dévasté, qui n’a plus rien à opposer aux pires instincts de leurs semblables. Les rescapés échapperont-ils à la folie des hommes ? Pour ces femmes et ces hommes qui combattent des démons que le virus n’a pas vaincus, un nouveau chemin se dessine entre survie, vengeance et rédemption. Un thriller d’anticipation, sur fond de manifeste écologique, qui sonne comme un cri d’alarme !



En bref :

Emma, Noham et Liv vivent respectivement à Paris, New York et Borlänge. Ils n’ont rien en commun, rien qui ne les unit. Jusqu’au jour où l’humanité reçoit « le message », celui des 100 Voix. Une organisation qui, pour sauver la planète du fléau que représentent les humains, a réussi à contaminer la population mondiale par un virus mortel, inoculant l’antidote à une poignée d’individus, au hasard. Et ce, dans le but d’offrir à l’humanité une dernière chance. Une ultime opportunité de réagir et de stopper le désastre qu’elle s’inflige, entraînant la planète dans sa chute.

Mon Avis :


Par les temps qui courent, ce récit transpire la vérité. L’écologie, le complotisme, les violences conjugales sont quelques-uns des thèmes abordés au sein de l’intrigue et que l’on partage ou pas ces combats et idées, on ne sort pas indemne de cette lecture.

L’intrigue est plus que prenante, les valeurs reflétées sont justement dispersées et abordées, sans donner de leçons, invitant simplement le lecteur à la réflexion. Elen joue habilement avec les lecteurs, en créant une ambiance pesante largement maîtrisée. Les personnages évoluent dans ce nouveau monde auquel ils vont devoir s’adapter, chacun armé des compétences acquises dans une vie qu’ils ne connaîtront plus jamais. Certains vont se perdre en route, d’autres, au contraire, vont se trouver, au sens propre comme au sens figuré !

Au-delà de cette superbe intrigue, de ces personnages d’une Profondeur inégalée et de cette fin qui laisserait Stephen King sur le cul, on ne peut qu’admirer la plume d’Elen, un savant mélange de vocabulaire percutant à la fois simple et élaboré. Chaque scène est décrite avec une précision indéfinissable, éveillant les 5 sens et invitant le lecteur a se plonger corps et âme aux côtés de Liv, Emma et Noham, trois personnages d’une crédibilité sans faille auxquels on s’attache inévitablement des les premières pages. Une telle maîtrise de tous ces aspects nous fait même douter que ce soit le premier roman de l’auteure et pourtant, tel est bien le cas !


À propos de l’auteure

Il y a tellement de choses que j’aimerais vous dire à propos d’Elen ! Nous nous sommes connues alors qu’elle cherchait une bêta-lecture pour la suite de « les 100 voix » (eh oui les copains, il y aura une suite ! Et j’ai l’incommensurable honneur de la lire en ce moment même ! Accrochez-vous à vos marque-pages parce que ça va dépoter !). J’ai donc lu le premier tome dont je vous fais l’éloge aujourd’hui avant qu’il sorte le 16 juillet, à vrai dire, avant même qu’il soit accepté par Évidence Édition. Il ne faisait aucun doute que ce manuscrit allait trouver sa place en maison d’édition !

« Mon seul regret est d'avoir attendu si longtemps pour me mettre à écrire. »

Voici l'une des confidences que m'a faites Elen un jour. Et vous savez quoi ? Je suis totalement d’accord avec elle ! Elen, si tu lis ce billet, j’espère que tu vas rattraper tout ce retard et nous faire découvrir très vite d’autres merveilles de ta plume !

elle est aujourd'hui à la tête d’un café littéraire, Old & Co, dans les Pyrénées-Orientales (je vous prépare un article pour bientôt sur cet endroit magique! )

Liens :

Retrouvez « Les 100 voix » sur le site d'Elen, ainsi que la playlist qu'elle écoutait lors de l'écriture : www.elenicreis.com Vous pouvez également vous procurer un exemplaire, dédicacé ou non.


Si vous préférez le format Kindle, cliquez sur l'image ci-dessous :





 

Je pense vous avoir assez fait attendre, alors voici un extrait de la magnifique plume d’Elen, au cœur de « les 100 voix »


La course dans la forêt pour distancer son poursuivant avait sapé ses dernières forces et rendait sa respiration difficile. Son sang cognait dans ses tempes. Il lui semblait que ses pulsations couvraient tous les bruits alentour. Elle espérait que la rivière toute proche dissimulerait sa présence. Sa gorge sèche lui faisait mal et souffrait de ne pouvoir se désaltérer auprès de l’eau qu’elle imaginait fraîche. Les moustiques, déjà voraces à la veille de ce mois de mai qui s’annonçait particulièrement chaud, la dévoraient au travers de son t-shirt, attirés par l’odeur de la sueur. Et peut-être aussi, celle plus aigre de l’adrénaline qui circulait dans son sang. Elle se concentra sur les secondes qui s’égrenaient et les sons qu’elle pouvait percevoir depuis sa planque. Elle se pensait seule mais n’était-ce pas là le fantasme de son cerveau qui espérait réellement que le danger fut écarté ? Alors même qu’elle commençait à se détendre et s’autorisait à reprendre une respiration normale, une poigne d’acier lui encercla la cheville et l’arracha hors de sa cachette. Elle tenta dans un geste dérisoire de s’accrocher aux plantes à sa portée, ne réussissant qu’à déraciner le feuillage qui resta collé dans ses poings serrés. La main qui l’avait tirée comme un lapin terrorisé hors de son terrier, la lâcha quelques secondes à peine pour s’assurer une meilleure prise. Laps de temps qu’elle tenta de mettre à profit pour se relever et s’échapper. Ne pas perdre de temps à crier, conserver son souffle et son oxygène pour se préparer à la fuite. Pas assez rapide. L’homme, doté d’une force et d’une agilité incroyable, l’attrapa avec une facilité frustrante et la souleva de terre comme si elle ne pesait rien. De la position d’où elle se trouvait, tournant le dos à son agresseur, elle ne pouvait discerner que ses avant-bras recouverts de tatouages qui l’encerclaient et ressentait à son corps collé contre le sien toute sa puissance. Les muscles noueux, saillants sous l’effort, secs et durs comme du marbre. Ses propres bras, plaqués le long de son buste, emprisonnés et inutiles ne lui permettaient ni de se dégager ni se défendre. Il l’attirait, sans qu’elle ne puisse s’y opposer, vers la rivière au cours d’eau peu profond mais suffisant pour y noyer un individu si on s’en donnait les moyens. Emma tenta de se débattre sans plus de succès qu’une mouche prise dans la toile d’une araignée, cria malgré elle sous la morsure de l’eau froide et se tut instantanément lorsque sa tête se retrouva plongée dans le lit de la rivière.

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